Performance · 26 août 2026 · 7 min de lecture
Le poids des sites d'agences web romandes · 20 pages mesurées
Combien pèse la page d'accueil d'une agence web en Suisse romande ? Mesure de vingt sites, méthode publiée, notre propre site inclus dans le classement.
Une agence web qui vend de la performance sert-elle une page rapide ? La question se vérifie en une commande. Nous avons mesuré la page d’accueil de vingt agences de Suisse romande, la nôtre comprise, avec la même méthode pour toutes : un navigateur au cache vide, et l’addition des octets réellement transférés.
La médiane du panel est de 2,08 mégaoctets. Seize sites sur vingt dépassent le mégaoctet. Sept dépassent trois mégaoctets. Entre la page la plus légère et la plus lourde du classement ordinaire, il y a un facteur 127.
Le classement
Poids transféré au chargement, sans interaction, en pixels de 1440 sur 900. Ordre croissant.
| Site | Chargé | Requêtes | Domaines tiers | Poste principal |
|---|---|---|---|---|
| lionscreative.ch | 103 Ko | 12 | 6 | polices, 48 Ko |
| smartflowsuisse.com | 264 Ko | 13 | 6 | scripts, 187 Ko |
| smartflowsa.ch | 287 Ko | 28 | 2 | polices, 107 Ko |
| voren.ch | 919 Ko | 17 | 0 | images, 838 Ko |
| antistatique.net | 1,13 Mo | 56 | 9 | scripts, 745 Ko |
| anoracstudio.ch | 1,13 Mo | 57 | 2 | scripts, 526 Ko |
| webie.ch | 1,15 Mo | 33 | 1 | images, 512 Ko |
| firstpoint.ch | 1,19 Mo | 58 | 8 | scripts, 698 Ko |
| dkdp.ch | 1,39 Mo | 55 | 7 | scripts, 1,18 Mo |
| coteries.com | 1,98 Mo | 56 | 11 | scripts, 838 Ko |
| swisstomato.ch | 2,08 Mo | 43 | 1 | images, 1,42 Mo |
| pixelium.ch | 2,21 Mo | 150 | 1 | images, 1,24 Mo |
| geekworkers.ch | 2,60 Mo | 97 | 13 | images, 1,17 Mo |
| devsurmesure.ch | 3,02 Mo | 85 | 11 | images, 1,73 Mo |
| neo-medias.com | 3,21 Mo | 197 | 11 | images, 1,47 Mo |
| digitalsprint.ch | 5,65 Mo | 75 | 10 | vidéo et autres, 3,85 Mo |
| edana.ch | 5,86 Mo | 118 | 14 | images, 4,54 Mo |
| ochoagency.ch | 8,01 Mo | 69 | 7 | images, 6,24 Mo |
| rawww.ch | 13,09 Mo | 37 | 1 | images, 12,76 Mo |
Mesures du 26 août 2026. Un vingtième site, up-to-you.ch, sort du tableau pour une raison expliquée plus bas.
Ce que le classement raconte
Les images restent le premier poste. Chez rawww, douze mégaoctets et sept cent soixante kilooctets d’images sur une seule page d’accueil. Chez ochoagency, six. Ce sont deux studios créatifs, et on comprend qu’ils veuillent montrer leur travail en grand. Mais un format moderne et une image dimensionnée pour l’écran qui la reçoit divisent ce chiffre par cinq sans que personne ne voie la différence.
Le second poste est du code que le visiteur n’a pas demandé. Chez dkdp, un mégaoctet et cent soixante-quinze kilooctets de JavaScript arrivent avant le premier mot lu. Chez geekworkers, un mégaoctet cent trente-trois. C’est en général la somme d’un thème, de ses extensions, d’un constructeur de pages et de la couche d’animation posée par-dessus. Chaque brique prise isolément semble raisonnable. C’est aussi la raison pour laquelle nous construisons les sites sans constructeur de pages : la dette s’accumule sans que personne ne la choisisse.
Les domaines tiers accompagnent le mouvement. Quatorze chez edana, treize chez geekworkers, onze chez coteries et devsurmesure. Chaque domaine supplémentaire ajoute une résolution DNS, une poignée de main TLS et un point de défaillance qui ne dépend plus de l’agence. Notre page en contacte deux, dont un pour la mesure d’audience.
Le cas particulier
up-to-you.ch a été mesuré deux fois, à cent soixante-dix et cent soixante-dix-sept mégaoctets. Le chiffre n’est pas une erreur, mais il ne se compare pas au reste : la page lance plusieurs vidéos en lecture automatique, servies en segments par Cloudflare Stream, en 1080 et 1920 pixels de large. Le navigateur continue de télécharger tant que l’onglet reste ouvert. Ce n’est pas un poids de page, c’est un débit.
Nous le signalons quand même, parce qu’un visiteur en itinérance ne fait pas la différence. Une minute passée sur cette page consomme davantage que les dix-neuf autres sites du classement réunis, multipliés par huit.
Notre propre chiffre, et ce qu’il cache
Deux cent quatre-vingt-sept kilooctets, troisième position. Nous n’allons pas prétendre que c’est un exploit : le site est récent, il ne porte ni thème ni constructeur de pages, et il a été construit avec cette contrainte écrite dès le premier jour.
Le détail est plus intéressant que le total. Notre premier poste, ce sont les polices de caractères, cent sept kilooctets, davantage que nos images et neuf fois notre JavaScript. C’est le prix d’une typographie choisie plutôt que celle du système, et c’est le chiffre que nous devrons regarder à la prochaine passe.
La méthode, pour que la mesure soit contestable
Une mesure qu’on ne peut pas reproduire ne vaut rien.
- Chromium lancé sans extension, contexte neuf pour chaque site, cache vide.
- Fenêtre de 1440 sur 900 pixels, agent utilisateur de navigateur ordinaire, pour qu’aucun site ne serve une version allégée à un robot.
- On additionne
responseBodySizeetresponseHeadersSizede chaque réponse, donc les octets après compression gzip ou brotli. C’est ce qui transite réellement. - Relevé au chargement, puis à la fin de l’activité réseau. Pas de défilement, pas de clic, pas d’images différées forcées : personne ne déroule vingt pages d’accueil jusqu’en bas.
- Une seule page par site, un seul jour, une seule connexion.
Le script tient en cent cinquante lignes et vit dans le dépôt de ce site, sous le nom weight-barometer.mjs. Relancez-le, ajoutez des sites, contredisez-nous.
Publier la méthode avec les chiffres n’est pas seulement une question d’honnêteté. Une mesure qu’on peut refaire est aussi la seule chose qu’un moteur, ou un assistant qui cherche une source, a une raison de reprendre plutôt que de paraphraser.
Ce que la mesure ne dit pas
Un site lourd n’est pas un mauvais site. Une agence qui vend de la production vidéo a des raisons d’afficher de la vidéo, et deux mégaoctets sur une fibre suisse ne se remarquent pas.
Le poids commence à coûter ailleurs. Sur une connexion mobile à un mégabit et demi par seconde, ce qui reste courant entre deux villages vaudois, huit mégaoctets mettent près d’une minute à descendre. C’est exactement la situation d’une recherche locale faite en déplacement, celle où le premier prestataire qui s’affiche décroche l’appel. Le poids transféré est aussi l’unité dans laquelle raisonnent les calculateurs d’empreinte carbone, qui multiplient les octets par une intensité énergétique. Nous ne convertissons pas nos mesures en grammes de CO₂ : les modèles publics varient d’un facteur trois selon les hypothèses, et un chiffre que nous ne saurions pas défendre ligne à ligne n’a pas sa place ici.
Enfin, cette page ne mesure ni la qualité du travail, ni la solidité du code, ni ce que valent ces agences pour leurs clients. Plusieurs des sites les plus lourds du classement appartiennent à des équipes que nous respectons et dont les réalisations nous impressionnent. Les nôtres se jugent sur les mêmes critères, pas sur ce tableau.
Elle mesure une chose, une seule : ce que votre navigateur télécharge avant de vous montrer quoi que ce soit.
Et pour votre site
Trois vérifications qui ne demandent aucun outil payant.
- Ouvrez votre page d’accueil, onglet Réseau des outils de développement, cochez « désactiver le cache », rechargez. Le total en bas de la fenêtre est votre chiffre.
- Triez par taille. Si les trois premières lignes sont des images, elles sont probablement servies en pleine résolution à des écrans qui n’en demandent pas tant.
- Comptez les domaines distincts dans la colonne des noms. Au-delà de dix, votre page dépend de dix entreprises pour s’afficher.
Si votre chiffre vous surprend, il rejoint souvent d’autres signes qu’une refonte approche. Et quand la lourdeur vient d’extensions accumulées, c’est le suivi qui manque plus que le site lui-même. Envoyez-nous votre adresse, nous vous renverrons votre mesure et le poste qui pèse le plus.
Nous referons cette mesure dans un an, sur le même panel.